L’Oeil de Caine est une émission de télé-réalité, où 10 candidats, chacun porteur d’un lourd secret, vont se retrouver enfermés pendant une semaine. Sauf que ça ne va pas ce passer comme prévu. Leur bus va être attaqué et ils vont se réveiller dans un village vide au milieu du désert du Nevada, pourchassés par un psychopathe.
L’histoire ici rappelle par certains côtés (personnes dans un endroit désertés et loin de tout, épiées et pourchassées) l’imaginaire de nombreux films d’horreur. Or, d’horreur, il n’y en a pas tant que ça. Et on peut même dire qu’on s’ennuie pendant environ 200 pages (sur les 470 du livre) à cause d’un style assez plat qui n’arrive pas à « capter » le lecteur. Le temps qu’on rencontre les protagonistes, qu’ils montent dans le bus et qu’ils comprennent que ce n’est pas un accident mais bien un kidnapping et que ce serait bien de s’inquiéter maintenant, on est déjà à la moitié du livre et il ne s’est pas passé grand chose. Quand enfin l’histoire s’accélère, l’auteur va avoir recours aux fameux « en fait je suis la sœur du fils » ou encore « vous avez vu ça, mais en fait j’étais là! ». Trop de rebondissements finissent par lasser et on se demande quel sera le gros lapin final qu’il fera sortir de son chapeau. Lapin final qui sera effectivement bien obèse mais peu original, car déjà utilisé de nombreuses fois, notamment au cinéma.
Et alors ces candidats, me direz-vous? Ils sont malheureusement trop caricaturaux. Nous avons dans le désordre: une mannequin qui a fait un tour dans le milieu du X, une mère de famille timide qui va se révéler plus forte qu’il n’y paraît, un flic un peu violent, notre héros ancien médecin dans une ONG qui a vu des horreurs et joue le bon samaritain tout en abusant de la bouteille… Un joli défilé de clichés. Quant à leurs secrets, excepté peut-être celui du personnage principal, ils ne sont guère passionnants, pas de quoi se jeter de la falaise! Enfin, le méchant a bien sûr eu une enfance très difficile, est agoraphobe et a fait un saut dans plusieurs institutions suite à un drame. On va passer son temps à se demander pourquoi, mais pourquoi il fait ça? Sauf que quand on a enfin la réponse, notre lapin obèse vient tout effacer et nous laisse dépité.
A la fin, on se demande à quoi a servi tout ça? Pourquoi est-ce que j’ai tenu bon jusqu’au bout? Pour que l’auteur me dise que, oui, la télé-réalité c’est bien et que ça peut même sauver des gens? Alors là trop c’est trop!