Au grand dam de son père, Guillaume Fortin ne lira son premier livre en intégralité qu’à l’âge de 13 ans. L’écume des jours, de Boris Vian. Un choix de sa professeure de français de 3ème. Livre auquel il ne comprendra pas grand-chose, si ce n’est que toutes ces idées farfelues qui lui trottent dans la tête, trottent aussi dans les livres.
En dehors de cette nouvelle et relativement tardive passion pour la lecture, il découvrira également l’existence de l’école autour de lui. Il faut dire que, de son côté, l’école n’avait pas porté grande attention à cette difficulté particulière qui le tenait à distance des choses de l’apprentissage : la dyslexie. De cette dernière, il conservera une lenteur de lecture ainsi qu’une joyeuse et très personnelle pratique de l’orthographe.
Après des études de philosophie entamées par esprit de contradiction face à l’esprit stalinien et obtus (pléonasme) de sa professeure de philo de terminale, il connaît ses premiers émois de futur amateur de genres via le cinéma, qu’il étudie à la fac. L’éclectisme de ses goûts en matière cinéphilique l’amène à considérer chefs-d’œuvre classiques, avant-gardistes, expérimentaux, de Série B ou Z, sur un pied d’égalité.
La quatrième partie du mémoire de recherche qui lui permettra d’obtenir son DEA en études cinématographiques porte sur le film d’horreur italien Suspiria, réalisé par Dario Argento, et traite de l’épouvante comme figure de l’angoisse existentielle. Sa cinquième et dernière partie met en perspective la scène de la douche du film Psychose, d’Alfred Hitchcock, avec les analyses du philosophe Gilles Deleuze portant sur le cinéma.
S’il pratique aujourd’hui la lecture avec ce même gout de l’éclectisme, ses auteurs favoris sont plutôt américains (Fante, Steinbeck, Bukowski, Carver, King, Selby, Thompson, Ellis…).
Amateur de littératures populaires (et particulièrement policière, dans toutes ses variantes), il l’est. Jusqu’à une certaine limite. Celle de la soupe abrutissante et commerciale formatant et appauvrissant la littérature, comme le goût des lecteurs.